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4 février 2002, par Olivier Soury

Les entretiens humaterra

Olivier Grunewald

Le forgeron de l’image.

...quand la terre fond et bouillonne, Olivier est là. Photographe de la Création, il est encore là quand elle se pétrifie et se refroidit. Astucieux sans tricher, il magnifie la moindre tortue dans une céleste dimension ou fige avec un irréprochable piqué le bouillonnant torrent de lave craché par la gueule béante d’un Baal en colère. Entre l’Etna et l’Islande, il s’est posé une heure durant, évoquant son parcours, ses envies et sa magique complicité avec Bernadette Gilbertas, sa compagne des terres premières...

Quelle est ta spécialité et comment y es-tu parvenu ?

J’étais passionné de nature bien avant la photo. Dès 14 ans, je m’intéressais à elle et étudiais l’ornithologie. J’ai ensuite eu envie d’images, bien que me destinant plus à être prof de sciences naturelles. En terminale, j’ai passé deux concours d’entrée dans des écoles de photographie et suis entré à l’école CCP, dans laquelle j’ai étudié pendant 3 ans. Dégoûté des horizons s’offrant à moi, j’ai rapidement effectué des photos d’escalade, pratiquant moi-même ce sport, parallèlement au ski et à la randonnée en haute montagne. Mais je n’étais pas non plus fait pour cela. J’ai poursuivi cette activité pendant 6 ou 7 ans puis nous sommes partis, ma compagne et moi, pendant 6 mois dans l’Ouest des Etats Unis, avec une chambre et du matériel panoramique. Ce projet a débouché sur l’écriture et la parution du livre "l’Ouest Sauvage", qui nous a montré qu’il était possible d’en vivre. Depuis 15 ans, mes photos sont publiées dans divers magazines dans le monde

Quels sont les dangers, si danger il y a, que tu côtoies au cours de tes prises de vues ?

Je mets souvent dans des situations à risques, tout en les limitant au maximum. Mais je ne suis pas à l’abri d’une branche qui casse lors d’une escalade... Pour les volcans, le risque existe. Mais la réalisation d’une photo exceptionnelle ne me motive pas suffisamment pour prendre des risques excessifs.

Pour toi Olivier, qu’est ce qu’une photographie réussie ?

La photographie n’est qu’un moyen de se mettre en situation. Je ne suis pas sûr de vouloir rapporter des images. Elle n’est pas un but, c’est une tranche de vie. Avec des éléments forts comme les volcans, la photo devient le prolongement de ce que l’on va vivre. Elle me permet d’être dans la nature, là où j’ai envie d’être.
Quand je pars, c’est avec une idée précise de ce que souhaite obtenir. Il doit y avoir une adéquation entre ce que je cherchais et ce que j’aurai réussi à capter. Mettre en image une chose dont je rêve, une sorte d’image absolue. Par exemple, sur l’Etna, on n’a pas réussi. Nous y sommes restés 2 jours et j’ai pris 70 bobines de film, mais le résultat n’a pas été atteint. En Guyane, pour les insectes, je suis parti avec un story-board et ai effectué des mises en situation. Je cherche à réaliser des images qui présentent un monde d’avant l’homme et où s’expriment les puissances de la planète. Quand on regarde une photo, le plus difficile est de se demander comment ils ont fait ! Je travaille avec des modèles. Il faut mettre les moyens techniques en fonction de ce que tu veux. Pour les tortues Luth, j’ai épluché 10 ans de parutions en Europe et vu ce qui avait été fort ou pas. Vouloir faire telle ou telle image implique le matériel que je suis obligé de préparer. Parfois, je suis presqu’en situation de studio.

Mais j’imagine que parfois, la nature t’offre d’elle même certaines situations ?

Bien sûr ! Et je sais être et rester réceptif à ce qu’elle veut bien m’apporter. Quand je travaille, j’utilise un viseur quadrillé. Je connais les contraintes de l’édition, je sais ou est la pliure... C’est parfois un frein à la création. Alors de temps en temps, je fais la part des choses et suis moins formel, comme quand j’ai fait un reportage sur l’Afrique en noir et blanc.

Depuis le début de ton activité, as-tu remarqué des changements de comportement, de répartition ou des modifications de zones géographiques ?

Oui. En Islande par exemple, le tourisme a apporté un développement à l’américaine. La sensation de nature est essentielle. Ce qui me gêne, c’est l’aspect muséologique de la nature, comme dans les grands parcs américains. La nature, on doit la sentir sur la peau. Les belles photos doivent être, du point de vue de la sensation, le prolongement de ce que l’on a vécu. Il pleut, on est mouillé. Elles doivent aussi témoigner d’un moment d’harmonie avec ce que l’on photographie...

Que penses-tu du rôle de l’homme sur la terre ?

L’homme a peur de la nature et associe l’idée du progrès au fait de sortir de la nature. Il renie son aspect animal et veut sortir de la grotte. J’espère que les choses changeront, qu’on se rende compte que la nature nous accompagne. Avant, c’étaient des espèces qui disparaissaient. Aujourd’hui, ce sont des milieux écologiques entiers qui sont détruits. Il faut absolument faire machine arrière. On voit la nature comme quelque chose de passé, sans penser que ce pourrait être notre cadre de vie d’aujourd’hui.

Un conseil, un coup de gueule ?

et si deux photographes qui se rencontrent parlaient un peu d’émotion au lieu de technique ?


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